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La Planète de la peur

FEAR
“Fear Helps To Protect Us. It Makes Us Alert To Threats Or
Danger And Prepares Us To Deal With It And Makes Us More
C...

Jusqu’à ces dernières semaines, on se consolait avec la météo! Enfin, façon de parler, parce que nos vertes campagnes commençaient à prendre l’air de toundras africaines et que cela nous inquiétait un peu quand même. Mais là boum, l’automne revient d’un coup sans crier gare et nous déverse en quelques jours toute l’eau que les cieux avaient retenue jusqu’ici.

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais j’ai beau avoir vu ces images des dizaines de fois, les vidéos des fleuves de boues emportant tout sur leur passage, collines, routes, ponts, maisons, voitures…me fascinent et me terrifient à chaque fois qu’elles en viennent à redéfiler sur nos écrans. Cela s’avère encore le cas avec celles apportées ce jour par la tempête Alex. Quand la nature nous rappelle qu’elle nous domine, en levant simplement le petit doigt, nous ressentons un élan compassionnel avec les victimes et une crainte reptilienne devant cette puissance que malgré tous nos efforts nous n’arrivons pas à contrôler. La compassion par l’identification au sort des personnes qui comme vous et moi habitaient tranquillement au bord d’un ruisseau dont les crues avaient jusque-là toujours été apprivoisées, la peur par le rappel de notre condition humaine, celle d’être né pour mourir.

La nouveauté aujourd’hui réside dans le fait qu’avec nos milliards de smartphones et d’indénombrables équipes télé aux quatre coins de la planète ce type catastrophe nous y avons accès quasiment en continu. Il y a pléthore, surnombre, foisonnement, multiplicité, surabondance, profusion, engorgement, débordement de reportages tragiques. Le drame humain, d’exception devient la règle. Cela suinte de partout par les news, par les réseaux sociaux, par les magazines, par nos conversations. Un débit ininterrompu et inarrêtable auquel on ne peut se soustraire qu’au prix d’un isolement volontaire et déterminé. Complaisance? Non, je ne crois pas et je pencherais plus pour un phénomène d’exorcisation mêlé au désir de l’émotion qui nous habite dès notre plus jeune âge : « Maman raconte moi encore quand le chasseur tue la maman de Bambi? » Mais une fois l’histoire finie, l’enfant passe à autre chose. Mais nous, on ne parvient plus à changer de sujet. Le drame appelle le drame. Et comme il y a usure, il y a surenchère pour vaincre accoutumance et érosion de l’adrénaline.

Le biais de cette surreprésentation catastrophiste c’est qu’elle en vient à complètement fausser notre référentiel de pensées et de réflexions et celles de nos dirigeants. On appelle ça le principe de précaution mais quand la précaution vient de facto s’appliquer à tout ce qui est exceptionnel, on n’en vient à oublier l’essentiel.

C’est vrai pour la tempête mais ça l’est mille fois plus encore pour cette pandémie dont je me suis fixé pour règle de ne pas parler. Je vous laisse faire le parallèle… car, avec elle, la sur régulation de l’activité économique, sanitaire et sociale vient de s’inviter dans la sphère de l’existentiel (parler, marcher, se divertir,…). Face à cette formidable dramaturgie, à quand une amende sur le rire?

Voilà pourquoi aujourd’hui j’ai l’impression d’être devenu en l’espace de quelques mois un citoyen de la Planète de la peur… une excellente occasion de me repasser « La Cité de la peur » et ses innombrables scènes cultes pour me soustraire au climat ambiant!

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Une nouvelle qui fait froid dans le dos

On parle tellement de la COVID que j’ai décidé de créer ma propre agence de presse pour relayer des éléments de l’actualité qui nous aident à sortir la tête du masque. Ainsi vient de naître la désormais très fameuse (RNP), agence totalement indépendante de tous les pouvoirs et qui compte à ce soir un journaliste non salarié, à temps partiel.

Ce préambule établi, la nouvelle dont j’ai décidé d’amplifier la connaissance est un fil de l’AFP: « la banquise d’été en Arctique a fondu en 2020 jusqu’à la 2ème superficie la plus petite jamais enregistrée, après 2012, selon des observations satellites ». Avouons que l’appréhension de l’information n’est pas immédiate et que Le Monde en voulant la rendre intelligible a fait pire « La banquise arctique a atteint sa deuxième superficie la plus basse jamais enregistrée ». On comprend sans vraiment comprendre. Cela vaut donc quelques explications.


Au sortir de l’été, la banquise qui chaque année voit sa taille fondre comme neige au soleil, avant de reprendre de l’embonpoint à l’automne a vu sa surface tomber à 3,74 millions de km2 (7 fois la France quand même ou l’Inde et le Pakistan, qui ne le souhaitent surtout pas, réunis pour l’occasion). Et comme cela fait 42 ans que le National Snow and Ice Data Center aux Etats-Unis l’observe, elle n’a jamais été aussi petite (à l’exception de 2012), sur cette période d’observation évidemment, soit depuis 1978. Entre 1981 et 2010, à la même époque de mi-septembre, elle faisait environ en moyenne 6,3 millions de km2 soit 70% de plus qu’aujourd’hui, 22 septembre 2020. 70% de plus c’est énorme! Pour s’en persuader, il suffit de considérer par comparaison que De Gaulle (1mètre 96) ne faisait que 20% de plus que la taille de Sarkozy (1mètre 66) et qu’il aurait fallu qu’il fasse 2m82 pour respecter la même proportion.

Bref après la cassure d’un glacier suisse cet été c’est la nouvelle de trop pour les amoureux de la nature que nous sommes tous. Moi notamment dont les yeux se remplissaient de larmes à chaque lecture de Caroline raccompagnant Pouchka le petit ours blanc à sa grande maman ours dans « Caroline au Pôle Nord« , je n’arrive pas à admettre qu’il n’y ait plus de Pôle Nord. Plus de Pôle Nord, plus de glace sur la banquise, plus de flocons qui piquent le visage, plus de batailles de boules, plus de pas au bruit étouffé, plus de campagnes et de villes se refaisant une éphémère virginité, plus de cristaux traversés par le soleil rasant, plus de sommets qui se découpent sur le ciel bleu, plus de Di Caprio coulé par un iceberg. C’est juste inimaginable. Les neiges des plus hauts sommets sont éternelles, nous a t-on toujours enseigné! Alors que faire pour que cette promesse d’éternité se poursuive?

Car s’il est vrai que l’humanité semble perdre le Nord, il est vrai aussi que je fais partie de cette humanité et que je n’arrive pas à faire grand chose de très constructif pour éviter tout cela. J’ai bien imaginé recréer une grande partie de la banquise en cryogénisant tous ceux qui ne croient pas au dérèglement climatique tout en leur promettant de les réveiller quand la planète ne serait plus menacée. Mais non seulement j’ai trouvé peu de volontaires et renseignement pris le bilan carbone de cette opération est aujourd’hui très défavorable à cette technique. Le remède s’avérerait pire que le mal. De plus si l’on commence à cryogéniser tous ceux qui se trompent, je risque de finir dans mon propre con-gélateur!

Cryogénisation : une femme congelée pour la première fois en Chine

Alors?
Alors rien!
Rien d’autre qu’un cri au génie (ahah) de l’humanité et de ses dirigeants en espérant qu’on se réveille…

A bientôt.

De notre envoyé spécial à Paris, pour RNP (Rien Ne Presse… mais quand-même), la seule agence qui parle de la COVID pour ne pas en parler.

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L’Abécédaire de rien du confinement

Mémoires d’un confiné déconfiné.

Attestation

Sur l’honneur

Décidément quelles que soient les circonstances, l’esprit du Gabelou hante toujours les couloirs de Bercy, et la tentation de réglementer une situation pour donner l’impression de contrôler un événement qui vous échappe, s’est avérée plus forte que la responsabilisation du bon peuple de France.

Résultat, les vendeurs de cartouches d’imprimantes ont reçu une manne providentielle et tout bon citoyen s’est auto-régulé en s’auto-délivrant des sauf-conduits éphémères et quotidiens garantis sur l’honneur.

La Police et la Gendarmerie ont ainsi pu verbaliser les grands délinquants irresponsables qui osaient courir sur les plages au risque de contaminer le varech breton.

Boris

Pas le russe, l’anglais

Il a réussi l’exploit d’éclipser Trump sur le front de l’aveuglement sanitaire. Après avoir serré, en plein développement de l’épidémie, plus de paluches qu’en période de campagne électorale pour montrer que la malignité du virus était une invention des journalistes, il s’est fait rattraper par Covid-19 lancé à sa poursuite à la vitesse d’un Ben (autre Johnson) sur-vitaminé.

Les partisans du Brexit ont failli y perdre leur champion obligé de confier son organisme infecté aux bons soins de la NHS. Compte-tenu des coupes budgétaires claires dont les hôpitaux anglais ont eu à souffrir ces dernières années, il est longtemps resté, planqué et vasouillard, à télé-travailler depuis le 10 Downing Street, espérant échapper à une admission peu glorieuse. Il a sauvé le peu de son honneur restant en échappant au ventilateur et en sortant vainqueur d’un combat où son égo aurait pu conduire la fière Albion au chaos technique. Sa réputation de visionnaire en a pris un sérieux coup sur la casquette.  N’est pas Churchill qui veut !

Chine

Initial cluster

On connaissait la route de la soie, la grande muraille et la révolution culturelle. Mais l’Empire du Milieu sera maintenant connu pour être la patrie d’origine du virus qui a unifié la planète dans l’angoisse et la désorganisation.

Parti d’un cluster (ne jamais parler de foyer qui est un mot français ringard) situé dans une province inconnue passée depuis à la postérité, il aurait été engendré par une légendaire recette chinoise de « chauve-souris bouillie et son coulis de cervelle de pangolin ».

D’un caractère plus débridé que ses prédécesseurs, il est parti à l’assaut du vaste monde. Accueilli d’abord dans une indifférence coupable par des dirigeants plein d’un sang-froid qui s’est révélé factice, il a pris une revanche digne d’Edmond Dantès en regardant l’incommensurable panique politique et sanitaire créé par son avancée mortifère.

L’humanité n’a eu d’autre solution que de se carapater en se lavant les mains plus souvent que Ponce-Pilate, réalisant qu’« on est bien peu de chose mon bon Monsieur ».

Dramaturgie

Drames en série

Mis en scène par des chaines d’infos tournant en boucle sur des décomptes morbides, la dramaturgie de l’événement a été amplifié jusqu’à l’écœurement.

Le drame du drame c’est que cette information essentiellement numérique a occulté que derrière les chiffres, les ratios et les comparaisons, il y avait juste des morts.

Des soignants mal protégés, des aînés fragiles, des adolescents hors statistiques ou des personnes dont l’heure était simplement venue. 

Le drame du drame du drame s’est révélé un drame de conscience, les victimes du virus n’étant pas accompagnés comme elles auraient mérité de l’être, créant des situations de fins isolées et de deuils culpabilisant que rien n’imposait.

Épidémie

Retour à l’essentiel

On croyait qu’elles appartenaient au passé, on s’est aperçu une fois de plus que le progrès humain n’est qu’une fine couche de vernis mal réparti.

Alors on s’est remis à lire La Peste et Le Hussard sur le toit, et on a vu que rien n’avait vraiment changé. 
Une bonne leçon de modestie qui nous a ramené à l’essentiel.
Sans soignants, sauver des vies c’est compliqué.
Sans enseignants, élever les gosses c’est compliqué.
Sans équipement, se protéger c’est compliqué.
Sans prévoir, gouverner c’est compliqué.
Sans liberté, la vie c’est compliqué.
Sans postiers, sans trains, sans métros, c’est compliqué mais on a l’habitude.

Facebook

Revanche

action facebook

Je ne sais pas s’il existe des statistiques sur l’utilisation de son app, mais ça a du sérieusement boosté le moral du toujours juvénile multi-milliardaire Marc Zuckerberg. Le gars qui a quand même réussi à faire fortune avec un annuaire d’école. Son invention de plus en plus vilipendée par les réfractaires de tout poil, l’accusant d’utiliser leurs données personnelles à des fins peu scrupuleuses, a prouvé que son intuition de 2004 était bien géniale. Voilà l’humanité échangeant ses angoisses, anecdotes et bons mots sur les réseaux sociaux. De vidéos, des blagues, des enquêtes et une bonne dose de fake news qui circulent en instantané, désinhibant leurs créateurs et décontractant leur public. L’imagination au pouvoir. Je like et je share jusqu’à plus soif. Celle-là elle est vraiment trop bonne ! Se Et celle-là, encore mieux, non ?
Bref, Facebook en soupape du confinement, qui l’aurait parié ? Et ça marche parce que cela fait un bien fou quand les potes rebondissent sur vos publications en faisant semblant de les apprécier. On se sent moins seul !

Guerre

Malbrough s’en va…

Nous les français, notre Président est parti en guerre, tel Malbrough l’anglais. Il a décrété cela tout seul, dans son coin, sans même en parler à son Premier Ministre. Il a pris un air inspiré et martial et il a répété au moins dix fois pour nous convaincre « Nous sommes en guerre ». Le problème c’est que dans le même temps, il nous a confiné. Or c’est dur de faire la guerre en restant chez soi, les doigts de pieds en éventail, la tête posée sur des rouleaux de PQ. L’armée des ombres au chômage partiel ou à la retraite c’est pas très crédible. Alors on s’est contenté de regarder la télé et de voir comment lui il la faisait sa guerre. Au début on l’a vu partout, dans le Grand Est, dans les services de l’APHP, dans des TGV médicalisés, chez son nouveau pote Raoult, avec un masque, sans masque… On a eu de plus en plus de mal à le suivre et puis on s’est même un peu lassé au point qu’on a fini par le perdre de vue. Il n’est pas revenu ni à Pâques, ni à la Trinité. Mironton, mironton, mirontaine. A force de se prendre pour Bonaparte, Alexandre ou De Gaulle, il dû perdre son identité et se faire raccompagner à la frontière.
Alors, son grand gaillard de chef du gouvernement, celui avec la barbe gros poivre, gros sel, a fait le job sans forfanterie, ni fioritures, accompagné de son juvénile et débutant Ministre de la Santé, les yeux écarquillés, qui n’en revenait toujours pas d’avoir été nommé là et de passer à la télé. Ils nous ont pondu des slides comme de bons consultants. On n’a pas tout compris mais on a compris qu’il faisait ce qu’il pouvait avec ce qu’il savait et qu’il ne savait pas grand-chose.
Quant à Malbrough, quand nous reviendra-t-il?

Hydroxychloroquine

Débat

Image illustrative de l’article Hydroxychloroquine

Si on n’avait pas été confiné, cela aurait été un mot à coucher dehors. 18 lettres dont 2 Y, 2H et un X, excusez du peu.   Si vous arrivez à le caser au Scrabble c’est 479 points vite gagnés… mais en plusieurs tours.
En dehors de ceux qui souffraient de lupus ou de polyarthrite rhumatoïde, personne n’avait vraiment entendu parler de ce dérivé de la quinine. En quelques semaines, il a fait le buzz. Tout le monde, y compris ma gardienne et le chat de mon fils, a maintenant un avis sur son efficacité, ses contre-indications, ses effets secondaires appuyés sur différentes études qui vont chacune dans des directions différentes ou opposées selon qu’on a envie d’y croire ou de ne pas y croire. Perso, j’y crois sans y croire mais je ne demande qu’à être convaincu.

Les politiques aussi se sont transformés en chercheurs. Trump le premier, qui étonnamment en a fait des tonnes et qui se l’administre en préventif. Cele plaide plutôt contre, juste parce que c’est Trump. Mais il y a aussi tous les laissés pour compte, qui cherchent par n’importe quel moyen, à ce qu’on ne les oublie pas comme Ségolène Royale au bar et Philippe Douste-Blasé.
Hélas pour la presque Présidente et celui qui fut Ministre de la Santé et maire de Lourdes, il n’y a pas eu de miracle, l’hydroxychloroquine s’est révélée aussi inefficace qu’un vulgaire placebo pour redorer leur blason politique.
Mais à l’impossible nul n’est tenu.

Italie

Terre soeur

Un peu de géopolitique tout d’abord. En Europe il y a les teutons, qu’on envie sans le dire, et qui font tout mieux que nous sauf la bouffe, le vin et les sacs et il y a les ritals, qu’on adore, qui font tout moins bien que nous sauf la bouffe, le vin et les sacs (et encore ça se discute) et puis il y a les autres dont on se fout la plupart du temps et les anglais qu’on aime en les détestant et qui n’y sont plus sans y avoir jamais été.
Pour le Covid ça a été la même chose, les ostrogoths et les wisigoths s’en sont tirés mieux que tout le monde (plus disciplinés, plus prévoyants, mieux équipés, plus efficaces, etc.) bref gonflants comme d’habitude et les italiens (moins obéissants, plus bordéliques, moins équipés, moins efficaces…) qui nous ont évité d’être les derniers de la classe et qui nous ont rendu un sacré service en nous précédant dans la crise avec trois semaines d’avance, histoire de nous montrer ce qu’il fallait faire ou surtout ne pas faire.
Mais on avait quand même mal pour eux car au bout du bout on les aime vraiment et que quitte à choisir un lieu de villégiature on préfèrera toujours Venise à Baden-Baden et Rome à Berlin.
Comme quoi ce virus, tout chinois qu’il est, était quand même bien plus conformiste qu’il ne s’en donne l’air.

Jérôme

Nothing personal

C’est un homme que tous les amateurs de bandes dessinées ont déjà croisé. Il porte une longue redingote et un chapeau noir, il est obséquieux, il ne se déplace jamais sans son mètre ruban, accessoire qui lui est indispensable pour prendre les mesures de ceux dont les heures sont comptées mais qui sont encore vivants. Lui, c’est les différentes représentations du croque-mort dans Lucky-Luke.

Quand j’ouvre mon poste de télé à 19h15/19h30, je ne sais pas bien pourquoi, ma mémoire me ramène immédiatement à lui. Pourtant c’est Jérôme S. qui parle. Digne, clair et posé, il a la délicate mission de tenir au courant le peuple des confinés de ce qui se passe sur le front. Ton lugubre et monocorde, il semble aussi chaleureux qu’une porte d’un frigo du Quai de la Rapée, il sait faire monter l’adrénaline de l’assistance. Il est très fort. Il commence en premier lieu par nous embrouiller avec des nouvelles de l’épidémie qui s’étend telle une coulée de lave sur la planète. C’est un peu toujours la même chose, à croire qu’ils nous prend pour des demeurés à qui il faut dire dix fois les trucs pour être sûr qu’ils les comprennent. Puis il nous tient en haleine avec des statistiques dramatiques sur les pays voisins, l’Italie d’abord suivi de près par l’Espagne mais bientôt rattrapé par le Royaume-Uni. Ensuite, il commence à remercier tout le monde y compris nous qui ne faisons rien et enfin, au détour d’une phrase, le chiffre que tout le monde attend le nombre de morts en France ! Mais il est malin, il ne le donne pas ex-abrupto, le bougre, il donne le total, obligeant tous les journalistes à soustraire le nombre de la veille. Et bientôt, voilà le chiffre fatidique qui s’incruste sur l’écran, peu importe lequel c’est toujours trop. Questions des journalistes. Eux aussi ont l’air tétanisé par l’angoisse, ils les posent du bout des lèvres. C’est fini, il remercie le délégué aux sourds-muets (en langage des signes j’ignore si cela fait aussi peur) et de nouveau cette réminiscence de Goscinny et Morris.
Moi, je n’en peux plus de l’étouffante conférence du Croque-Mort Général de la Santé, je manque d’oxygène, j’ouvre la fenêtre, je vais sur le balcon et là je ne sais plus trop ce qui se passe. Il semblerait que tout le monde m’applaudisse, il doit y avoir erreur.

Kilomètre

De trop

Borne kilométrique  traditionnelle sans ligne de texte

Si quelqu’un craignait que notre administration ait perdu, à l’occasion de la pandémie, le goût des réglementations tatillonnes et inapplicables, il a été pleinement rassuré. Sortir de chez soi par temps de confinement obéit à des règles strictes. Il vous faut votre attestation, votre montre et votre carte d’identité (au cas où il vous prenne l’idée saugrenue d’attester sur votre honneur sous le nom d’un autre quidam). Et, cerise sur le gâteau, ceux qui pensent pour nous ont décrété qu’il ne fallait pas nous éloigner de plus d’un kilomètre de notre domicile. Mais pourquoi diantre limiter la distance alors qu’on définit déjà la durée. Une heure, cela permet à tout être humain normalement constitué de faire 4 à 5 kilomètres. S’il va tout droit, il fera au maximum demi-tour au bout de 2 à 3 kilomètres. À quoi peut bien servir cette limitation incontrôlable d’un kilomètre. Je me perds en conjectures mais il n’y a rien à comprendre. Cela fait partie intégrante de la surenchère règlementaire propre à notre pays. Le principe de base de l’administration à la française. L’idée qu’en tout état de cause, le citoyen est un enfant irresponsable ou un délinquant qui s’ignore et qu’il faut le contraindre de manière préventive.

Preuve en est. Fin du confinement. On oublie le kilomètre et voilà que s’invite sans crier gare la règle des cent kilomètres ! A vol d’oiseau est-il précisé, histoire de la rendre inapplicable par la maréchaussée.  Ça c’est encore plus fort, j’aimerais bien connaître l’olibrius dans le cerveau duquel cette idée a germé et tous ses copains qui ont opiné du chef. A ce niveau-là, il n’y a plus que la désobéissance civique qui puisse nous sauver !

Liberté

Chérie, abandonnée

Sincèrement, je n’avais jamais imaginé qu’un jour on m’obligerait à rester chez moi enfermé avec femme et enfants pendant deux mois. Et pourtant c’est arrivé sans que j’y sois préparé et sans que je n’y trouve rien à redire. Au début on a appris qu’une province chinoise était mise en quarantaine mais on s’est dit que c’était les chinois et que les chinois ils ne sont pas comme nous et que chez eux la discipline collective l’a toujours emporté sur la liberté individuelle. On se marrait même. Intrigués en fait, en voyant des reportages sur des rues désertées où s’aventuraient avec d’extrêmes précautions des silhouettes masquées. Mais nous, on sait bien que les virus jusque-là ils s’arrêtaient en Asie. Alors on a détourné la tête et fait comme si de rien n’était. « Même pas peur ! ». 

Et puis on a appris que cela avait touché un petit village italien. Là on s’est tout de suite senti plus concerné mais depuis Marco-Polo on n’ignore pas que les italiens fricotent avec les chinois. Il y avait donc une certaine logique. Et puis d’un seul coup patatras, ça a dégénéré. En Italie, en Espagne et puis chez nous dans ce qu’on appelle le grand Est qui est en fait l’Est. Cela s’est embrasé, c’était la panique dans les hôpitaux en attendant l’arrivée du tsunami promis. Et donc un beau soir, on nous a demandé de rester chez nous juste après avoir pris le temps de voter.

Et il s’est avéré que nous sommes tous beaucoup plus dociles et obéissants que nous ne le pensions. Nous avons accepté de sacrifier une de nos libertés essentielles, une liberté qui nous vient de la nuit des temps. De l’époque ou l’homme n’avait pas découpé le monde en pays avec des frontières pour marquer son territoire. Mais on a beau être libre, on a peur du danger et dans cette nuit des temps déjà quand l’homme se sentait en danger il se réfugiait chez lui, dans sa grotte, sa caverne, sa hutte, sa maison, son appartement. C’est surement parce qu’on est encore un peu primitif qu’on a accepté cette privation de liberté sans broncher.

Masque et Mégalopole

Contraste

Jusque-là, il y avait les héros masqués, Zorro, Batman, Spiderman, Dark Vador sans oublier le génial héros de Mandryka et son inégalé Concombre masqué. Ils sauvaient l’humanité. Et depuis peu, il y a les zéros démasqués, suivez mon regard, qui vont avoir du mal à sauver leur honneur. Parce qu’eux, ils nous ont vraiment trop pris pour des truffes. Qu’ils égarent un stock de dix milliards de masques achetés par Roselyne, passe encore mais qu’ils nous expliquent que les masques sont des vecteurs de diffusion du virus si on ne sait pas s’en servir, c’est un peu comme si on nous disait de ne pas se laver les mains de peur qu’on se lave les pieds. Quelle mascarade! Au moment de chercher des responsabilités, FFP2 ou chirurgicaux, il faudra bien qu’ils les mettent bas.

Les mégalopoles transformées par l’épidémie jouent à Docteur Jekyll and Mister Hyde. Coté pile la fascination de la ville désertée. Les grandes avenues vides et les quartiers dépouillés de leur fourmillante activité. Un rendu de bombe à neutrons. Le calme partout, déroutant. Prendre son café sur un balcon qui surplombe le Boulevard Saint-Germain et n’entendre que le bruit des oiseaux, admirer une place de la Concorde qui retrouve son nom, surplomber une Seine calme comme un étang solognot. Les mêmes images et sensations à Londres, à New-York à Pékin, à Rome… C’est presque trop paisible. Cela semble factice et pourtant ce calme ça vous pénètre, ça vous fait du bien, ça vous désangoisse. 

Côté face, la saturation des hôpitaux dont les urgences débordent par toutes les chaînes d’information, la détresse des soignants interviewés devant les vies qui s’échappent, les cercueils qui s’alignent dans une avenue de New-York. Car les mégalopoles, c’est aussi la concentration humaine, les plus grands foyers d’infection, le cœur de l’épidémie, le lieu du combat pour la survie. 

Et entre la ville morte des confinés et la ville qui se bat pour sauver des vies, comme seul trait d’union, la sirène d’une ambulance qui secoue, pour quelques instants, la profonde torpeur des carrefours endormis.

Numérique

And the winner is…

C’est le grand vainqueur de cette longue bataille. On le pressentait, on l’a réalisé, on ne peut plus s’en passer. La voix d’abord, l’image ensuite, les tuyaux de l’internet ont failli exploser. FB, What’s App, Twitter, Zoom, Instagram, Netflix… On n’est plus ensemble mais on l’est quand même. C’est une magie devenue routine. La civilisation de l’écran total. Et franchement on se demande comment on a pu vivre aussi longtemps sans. D’ailleurs le Nasdaq ne s’y est pas trompé. Aussi haut qu’avant la crise! Cherchez l’erreur.

Si d’aventure il y a un COVID informatique, un vrai, un dur à cuire et à cracker, qui nous bloque nos téléphones, nos tablettes et nos ordinateurs, sera-t-on à nouveau obligé de se serrer la main ou de se faire la bise pour se consoler? L’improbable revanche du mortar sur le click… c’est pas pour demain.

Oxygène

Un grand bol

Quand l’humanité suspend son activité, c’est la planète qui revit. On s’en doutait, on en a la preuve. Moins on s’active, plus elle respire. A-t-on été trop loin ? Il semble bien mais est-ce vraiment une surprise ? Cependant ça va quand même être dur de rester aussi paisible et sage pendant des années et la planète elle risque bien de continuer à souffrir. A la prochaine conférence sur le climat, faudra peut-être s’en souvenir.

En attendant, à nous aussi, cela nous fait du bien, ce COVID sidéral, cette longue respiration, cette sous-activité qui nous donne le temps de tout. De ranger, de lire, de discuter, de visionner. Ça permet aussi de se retrouver. De découvrir à nouveau ceux qui partagent nos vies, nos conjoints, nos enfants. On a même tellement le temps qu’on a même du mal à faire les choses. La procrastination ça a parfois du bon. Si je ne le fais pas aujourd’hui, je le ferais demain. Et si c’est pas demain, ce sera après-demain. Qu’importe! Le temps est suspendu. Profitons-en car cela n’aura qu’un temps.

Pandémie

Qui es-tu?

Voilà un mot confiné jusque-là à nos lectures et dont nous avons compris aujourd’hui, par expérience, la signification réelle. De l’épidémie à la pandémie. Les grecs avaient déjà tout compris. Épidémie voulait dire « à la maison » et pandémie signifiait « tout le monde ». De la maison à tout le monde, juste ceux qui ne savaient pas qu’ils sont atteints et qui ne sont pas restés à la maison. De Wuhan au monde entier? Ceux qui sans le savoir ont essaimé hors de la province chinoise. Quand les cartes de la Johns Hopkins University of Medicine se sont couvertes, jour après jour, de pastilles rouges toujours plus nombreuses et plus grosses et que le centième pays a été touché, l’OMS a décrété le 11 mars 2020 que l’épidémie était désormais une pandémie.

Voilà qui manquait à notre culture de vivre une pandémie, une vraie. On l’avait enfin en chair en os cette héroïne des livres de science-fiction qui ravage les civilisations et elle nous a ramené à un peu plus de modestie. On se croyait les rois de la création et on s’aperçoit qu’un petit truc de rien du tout a mis à plat toutes nos organisations sanitaires, économiques et politiques. Panique et sauve qui peut général. On croyait y être préparé et on s’est aperçu qu’on ne savait vraiment pas par quel bout la prendre. Alors quand les épidémiologistes nous ont servi tous les scénarios du plus optimiste au plus noir sans vraiment accorder leurs violons et que dans le même temps tous les chercheurs du monde entier ont ouvert leur armoire à pharmacie sans trouver un médicament qui convienne vraiment, nous, on n’a pas vraiment été rassuré et on a filé à la maison. La boucle était bouclée. Tout le monde à la maison! De la pandémie à l’épidémie, juste le confinement.

Quarantaine

Piège en haute mer

Depuis celle imposée aux passagers du Pachacamac pour empêcher Tintin et le Capitaine Haddock de retrouver le professeur Tournesol dans Le Temple du Soleil, on n’avait un peu perdu de vue les mécanismes de la quarantaine. Peste bubonique à bord. Ça ne rigole pas quand on hisse le drapeau jaune et noir à bord du navire.
Il suffit de considérer les croisières de rêves, sous toutes les latitudes, qui se sont transformées en piège en haute mer. Rétrospectivement on s’éponge le front d’avoir renoncé à s’offrir le Diamond Princess pour fêter les quatre-vingts ans de belle-maman. Quoi qu’il en soit, c’était trop cher et déjà complet. Mais quel enfer, ils ont du vivre. Un truc à se jurer de ne plus mettre le pied ne serait-ce que sur un youyou.

D’ailleurs ces immeubles flottants qui ont osé pendant quelques années emprunter le Canale de la Giudecca à Venise au risque de voir la Sérénissime s’enfoncer dans la lagune, on devrait profiter de l’occasion pour les interdire un bon moment, histoire d’être sûr que le virus n’attende pas son heure dans un coin de coursive. Une quarantaine de quarantaines environ. Juste le temps qu’ils rouillent et que leurs armateurs désarment.

Raoult

Dreyfus

 Didier Raoult, ici le 2 mars, prône une application sans délai de son remède contre le Covid-19, dont on connaît, selon lui, les effets secondaires depuis longtemps.

On le dirait tout droit sorti d’un film des frères Cohen. Un Big Lebowski en blouse blanche. Il est tellement imposant d’ailleurs qu’il a réussi se mettre Donald Trump dans la poche. Mais on en parlera un peu plus tard.

Qu’on le veuille ou non, en France, il restera le symbole de la pandémie. Son clivage. Son Capitaine Dreyfus. On est pour ou on est contre mais on n’est pas indifférent ou alors, par snobisme. Les marseillais contre les parisiens, les grands labos contre le complot, les pragmatiques contre les théoriques, les gilets jaunes contre l’establishment, votre sœur contre votre beau-frère. Dès qu’il parle, il buzz et je jurerais que cela lui plaît le bougre ! Une personnalité comme on n’en avait pas vue depuis longtemps. Iconoclaste et sûr de lui le Professeur

Illuminé ou génie, il n’y a pas de juste milieu, il faut choisir son camp, impossible de se défausser. Alors j’écoute, je cherche à comprendre, j’objective, j’analyse et au bout du bout je n’arrive pas à me faire d’opinion. Tantôt je penche pour son talent, tantôt je perçois une faille dans son entêtement à vouloir attirer la lumière. Au moment de conclure une seule certitude, celle que personne d’autre ne pouvait lui contester le R de cet abécéd’R.

Soignants

Entendus?

Cette fois s’ils ne sont pas entendus, ils ne le seront jamais. Une tribune comme celle-là, cela n’arrivera plus. Ils ont envahi les plateaux télé, ils ont monopolisé les reportages, ils ont été applaudis aux balcons, considérés et parfois morts en héros.

Ils ont pu dire tout ce qu’ils avaient à dire, expliquer tout ce qu’ils avaient faire comprendre. Leurs conditions de travail, leurs manques de moyens, leurs contraintes, leur quotidien. Ils étaient partout masqués, gantés, blousés à se battre contre ce truc qu’on découvrait peu à peu bien plus perfide et évolutif qu’on ne l’avait jamais imaginé. Ils se battaient pour sauver ou non les vies qui dépendaient d’eux. Et nous on les admirait en souhaitant intérieurement ne pas passer entre leurs mains.

Pourtant, on les avait connus avant et c’étaient déjà les mêmes. A la Salpêtrière, à Saint-Antoine, ailleurs, ils soignaient et ils sauvaient. Déjà, le même refrain. Trop de monde aux urgences, manque d’infirmières et matériel obsolète mais le grand silence administratif, seul leur répondait. Un long cri dans une chambre capitonnée. Et cela durait comme cela depuis des années et des années, sans jamais rien changer.

Résultat, les budgets quémandés à l’époque, par comparaison au coût final de la pandémie, il n’y aura pas photo. Comme quoi les économies ne font pas toujours bon ménage avec l’économie. Alors si demain, pour eux, pour nous, à l’hôpital, tout n’est pas complètement différent d’aujourd’hui ce sera à désespérer !

Trump

Se surpasse

Ce n’est pas du Trump bashing. C’est juste un constat sur son attitude de dirigeant. S’il en réchappe aux prochaines élections, ça tiendra du prodige ou de son adversaire. Il nous les a toutes faites. Un canard (ah, ah !) à qui on aurait coupé la tête.

Survolté par la pandémie, le Donald. Démarrant évidemment et sans surprise dans la posture du « même pas peur », le Professeur Trump a asséné quelques unes de ses puissantes intuitions sur le caractère présumé inoffensif du virus qui au pire disparaitrait avec les beaux jours avant de vanter les mérites de la Chloroquine présentée comme la panacée antivirale.  Le Royaume-Uni touché et son pote Boris au bord du gouffre, il a tourné casaque et a commencé à franchement perdre les pédales quand le virus a commencé à ravager New-York. Au point de conseiller à ses concitoyens de se prémunir en ingurgitant des lampées d’eau de javel. Depuis les Canadair pour éteindre Notre-Dame, c’est la meilleure de loin mais cela ne fait plus sourire.

Pas très rassurant en fait la fébrilité de cet homme réputé le plus puissant de la planète quand il perd le contrôle sur les événements. Alors, comme par construction il ne peut jamais avoir tort, il s’en est pris aux chinois et à l’OMS histoire d’expliquer qu’il avait été manipulé et a commencé à vouloir lever le confinement pour éviter le sabordage de l’économie américaine, inscrit jusqu’alors à l’actif de son mandat.

Bref un Trump de compétition, qui supporte mal la pression et la remise en cause. Va falloir qu’il fasse fort pour la campagne de l’automne prochain mais le bougre a de la ressource.

Urgences

Ils assurent

Cela a dépassé toutes les séries hollywoodiennes sur le petit monde des drames et miracles de l’hôpital. Exit Georges Clooney et place à la vraie vie. Les patrons des service de réanimation, je crois qu’on les a tous vus. Ils ont défilé sur tous les plateaux et franchement ils s’en sortaient carrément bien. On sent qu’ils n’étaient pas arrivés là par hasard. Vécu, calme, expérience, respect. Pas le genre à s’évanouir comme moi devant un bobo. Visiblement pour les déstabiliser, il doit leur en falloir un peu plus. C’est heureux finalement et rassurant. On sentait qu’ils faisaient face. D’ailleurs j’en ai profité pour noter leurs noms et celui de leurs services, ça peut toujours servir, on ne sait jamais.

En quelques semaines, nous voilà devenu des cracks de la ventilation et de la réanimation en espérant toujours que cela ne nous concerne pas directement. Parce que le coma artificiel franchement si ça fait dormir ça ne fait pas rêver loin s’en faut. Quarante cinq jours en réanimation, non plus d’ailleurs. Si on en revient on doit avoir l’impression d’être le héros d’un Voyage au Bout de l’Enfer.

En fait c’est vrai qu’il y a un problème quand on vient les déranger pour tout et n’importe quoi. Va falloir un peu se discipliner à l’avenir si on veut qu’ils puissent faire correctement leur boulot en cas… d’urgence.

Vaccin

Désiré

Celui-là quand il arrivera, on pourra le baptiser Désiré. La grande compétition mondiale est lancée, chacun pour soi et les fonds d’investissements pour tous. Et tous les grands et petits labos de la Terre qui nous tiennent au parfum en direct de leurs avancées. Phase 1, Phase 2… Ils ont compris qu’à défaut de trouver, ça faisait déjà monter leur cours de bourse, c’est toujours bon à prendre.

Il y a fort à parier cependant qu’il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus. Si on trouve…ce qui n’est même pas sûr. Le cauchemar de nos dirigeants. Un COVID Épisode 2 à l’automne !

Mais ce n’est pas si simple d’élaborer un vaccin, il faut qu’il vous immunise contre le COVID sans vous refiler une autre saloperie. Alors on avance à pas comptés sauf les gouvernements qui se positionnent sans la moindre coordination. Trump a voulu faire main basse sur un labo allemand au grand dam d’Angela qui l’a envoyé sur les roses. Malbrough, revenu parmi nous, a convoqué le patron d’un labo français qui faisait les yeux doux à l’ennemi. Qui sera le premier, c’est une question d’honneur pour nos dirigeants.

Cependant le gaulois reste méfiant et bien que Pasteur ait explicité le premier le mécanisme de la vaccination, un bon quart d’entre eux se dit réfractaire à l’administration de ce putatif vaccin. Remarquez-moi je ne me vaccinais pas contre la grippe. Par contre cette fois j’ai bien compris, l’année prochaine j’arrête de faire mon malin. Inutile d’encombrer les hôpitaux.

Wuhan

P4

Qui avait entendu parler de cette capitale de la province de Hubei au centre de la Chine ? Moi pas, en tout cas. Le 23 janvier 2020, elle passe de l’anonymat à la postérité en étant la première ville à expérimenter une mesure de confinement d’un virus qui ne dit pas encore son nom. Confiner 11 millions de personnes, on n’en revient pas ? Il n’y a vraiment que les chinois pour s’autoriser un truc pareil. Et ça continue dans la démesure, on apprend qu’ils ont construit deux hôpitaux en 10 jours, respectivement de 1000 et 1500 lits. Là ça nous dépasse, c’est un peu comme si on nous apprenait que Gaudi avait construit la Sagrada Familia en six mois ou que la reconstruction de Notre Dame, vitraux compris, allait prendre un petit trimestre. 10 jours ce n’est même pas le temps de repérer le bon service dans une ARS pour savoir à qui adresser une demande de permis de construire.

Mais Wuhan à propos, pour les plus érudits d’entre nous, ce ne serait pas là que se trouve un institut de virologie ? Et ce fameux laboratoire P4 (pour pathogène de classe 4) que la France a aidé à construire en 2018, est-ce qu’il est vraiment tout blanc dans cette affaire ?

Et voilà le COVID, qui accède à la récompense médiatique suprême, la théorie du complot. Et Trump, trop heureux de foncer dans la brèche contre l’avis des services de renseignements américains pour la soutenir immédiatement. Lui au moins quand il complote, il ne se pose pas de question.

Xi Jinping

La vérité si je mens

Ce gars là, il ne donne pas l’impression d’être arrivé là par hasard. Au début son père était un pote du Grand Timonier mais comme il est tombé en disgrâce, il a surtout commencé par manger de la vache enragée. Confiné dans une habitation troglodyte de 15 à 22 ans, avant de faire un petit passage dans un camp de travail pour avoir voulu regagner Pékin clandestinement et recalé ensuite neuf fois dans sa volonté d’adhérer au Parti, ça vous forge le caractère. Alors maintenant qu’il est le Président, il ne laisse à personne d’autre le soin de gouverner. Il a même pris ses précautions en modifiant la constitution pour pouvoir rester là-haut autant de temps qu’il le jugera nécessaire au bien de son pays. C’est tellement plus simple que de contrôler les élections.

D’ailleurs, il n’aime pas trop la contradiction et quand l’un de ses derniers collègues à oser le critiquer l’a attaqué sur la gestion de la crise sanitaire avant de le traiter de clown assoiffé de pouvoir, il a pris la mouche et lui a collé une enquête disciplinaire. Le camarade a intérêt à avoir un bon avocat !

Tout ça pour dire que les exigences des occidentaux en quête de transparence cela doit doucement le faire sourire et que nous ne sommes pas près de connaître le vrai nombre de victimes ni la réalité de l’épidémie sur le sol chinois avant un long moment.

Yalta

Gestes frontières

C’est fou le nombre d’oppositions que le COVID a créé. Yalta sanitaire entre ceux qui se battaient contre la maladie et ceux qui s’en protégeaient. Yalta professionnel entre ceux qui étaient dans les premières lignes à crouler sous la charge et ceux qui étaient à l’arrière qui se retrouvaient sans rien avoir à faire. Yalta géographique entre les régions touchées de plein fouet et celles qui ne voyaient que l’ombre du virus. Yalta politique entre les partisans du confinement et les partisans de l’immunité collective. Yalta des nations entre celles qui anticipaient et celles qui réagissaient. Yalta des chercheurs et des médecins entre ceux qui voulaient aller vite et ceux qui voulaient ne pas abandonner le principe de précaution. Yalta du vécu entre ceux qui ont subi un drame et ceux qui en ont été quitte pour la peur. Yalta de visions entre ceux qui cherchaient à coopérer et ceux qui se recroquevillaient. Yalta de l’espace entre ceux qui avaient de la place à revendre et ceux qui s’entassaient. Yalta familial entre ceux qui se sont regroupés et ceux qui se sont isolés. Yalta émotionnel entre ceux qui se sont réconciliés et ceux qui se sont déchirés. Yalta du futur entre ceux qui voient demain comme hier et ceux qui voient demain préparer après-demain.

Alors désunis ou réunis par l’adversité? L’avenir seul le dira.

Zoom

De fin

C’est la nouvelle application qui fait fureur pour discuter en vidéo à plusieurs entre amis. Celle qui s’adapte à votre ordinateur pour que nous passiez pas des heures à régler le son et l’image. Et là, tu m’entends? Et toi, tu me vois? La téléconférence simplifiée, transportée du monde professionnel au monde des particuliers. Zoom apéro avec les amis. Zoom familial grands-parents/parents/enfants. Zoom par ci, Zoom par la, Zoom partout. Zoom sur notre besoin de communiquer. Zoom sur notre besoin de partager.

Zoom sur le confinement. Zoom sur cette expérience inattendue et improbable qui nous a marqués. Zoom sur ces 26 mots. Un abécédaire de rien, un abécédaire de ne pas y toucher, un abécédaire de déjà vu, un abécédaire de famille. La grande famille des confinés déconfinés.

Zoom arrière, zoom de fin.

Merci de m’avoir suivi…

Et si vous voulez l’offrir à quelqu’un, …cela le fera peut-être rire aussi, sait-on jamais?

Mis en avant

De passage, ce jour à la Salpêtrière…

…m’est venue l’idée d’un nouvel épilogue pour « Le Bruit de nos Neurones » dont je lève le voile pour vous, et pour partie seulement, en avant-première…

Le cerveau est à l’infiniment petit ce que l’univers est à l’infiniment grand. Un demi-milliard de connexions neuronales par millimètre cube de cortex pour trois cents milliards d’étoiles dans un espace de cinquante mille années lumières pour notre voie lactée. Mais que serait cette voie lactée si de savantes cervelles n’avaient pas su l’imaginer, la rendre intelligible, la conceptualiser, la représenter? Un néant. Le cerveau? L’énigme qui contient toutes les autres. Le plus grand mystère qui s’offre à l’homme. Pourquoi ? Comment ? Jusqu’où ?

Hector se rappelle ses nuits d’été sans lune où, adolescent, il se couchait dans l’herbe de Rosier concevant les étoiles sans pouvoir les toucher. C’est ce même sentiment qui le submerge aujourd’hui, celui qui mêle la fascination de l’incompréhensible au désir de savoir.

Il pense à ce bruit insoupçonné, découvert au milieu de l’opération, le bruit de ses neurones. Il réécoute cette bande son de quelques secondes. Ce bruit de chariots tirés sur le parking d’un supermarché. Ce fichier mp4 intitulé Neurones que Charlize lui a remis quelques jours après l’opération. Pour être plus précis, ce sont les sons cumulés de millions de petits chocs électriques d’intensité infinitésimale qui s’y font entendre. Les témoins d’une communication brouillée entre synapses dont la pathologie perturbe la mélodie naturelle. Un son babélien, cacophonique qui inhibe leur vocation à donner l’ordre de secréter de la dopamine, cette molécule qui régule le plaisir et le mouvement. Ce bruit qui redevient harmonieux quand s’enclenche la stimulation, comme le retour au calme d’une assemblée qui retrouve le goût de s’écouter après d’houleux débats.

Pas un bruit, plus qu’un bruit : un langage. Un langage dont la syntaxe, la grammaire et le vocabulaire nous sont encore inconnus. La voilà, cette terra incognita que Charlize et son équipage, lui ont révélé par le hasard de leur avancée commune, tel son aïeul avec Colomb. Ce morceau d’île, présage d’un continent.

Comment imaginer en effet que le cerveau qui a conceptualisé l’idée même du langage ne dispose pas du sien? Comment croire, alors que l’on se surprend à découvrir que les arbres nous ont caché leur langue secrète, que l’élément le plus complexe de la création, l’encéphale humain, ne dispose pas du mode de communication le plus abouti de l’univers?

Pas le mystérieux langage des oiseaux, qui unit l’homme au ciel, mais celui des cerveaux, qui allie l’homme à sa connaissance et son impératif à découvrir une nouvelle pierre de Rosette sésame de l’infiniment petit. Une pierre encore manquante dans le jardin d’Hector!

Le langage des langages, un cosmolangage qui en permettant la connexion entre les différentes parties de notre matière grise nous permet de nous mouvoir, de réfléchir, de ressentir, d’agir, d’aimer, de rêver d’écrire, de soigner, et … d’exister.

Le code neural. Celui qui transforme le bruit en signaux et les signaux en directives ou émotions. L’alphabet de tous les alphabets.

Et Hector de se prendre à rêver d’écrire un jour l’abécédaire de tous les abécédaires avant qu’Astrid ne le ramène prudemment à la raison. « Rendors-toi mon chéri, tu vas encore te froisser les synapses! ». Un mot d’amour et d’humour qui l’apaise…

Alors Hector sent sa conscience se dérober, corps et âme réconciliés par le fruit de leur conversation cachée dans ce langage qui lui est singulier et qui nous est pluriel, le bruit de nos neurones !

Un abruti total

C’était comme une prémonition. Dans la scène culte du film « Les petits mouchoirs » on voit Max, revenir chez lui, la nuit tombée, un gros sac ciré jaune à la main. Il a l’air visiblement très très contrarié. Il passe devant ses amis à qui il ne rend pas leur salut et rentre dans sa chambre où sa femme l’attend au lit, un livre à la main. Elle ose un « ça va » auquel il ne répond pas, immédiatement obnubilé par les petits cris de fouines qui ont élu domicile dans le mur en bois de sa maison balnéaire. Il ressort de sa chambre, l’air toujours faussement calme, gagne un appentis dans lequel, il attrape une énorme hache puis retraverse le salon sous l’oeil terrifié de ses amis avant de se diriger derechef vers sa chambre à coucher la hache levée. On craint que Guillaume Canet ne nous concocte un remake de Shining. Cependant, ce n’est pas à son épouse qu’il va s’en prendre mais, après avoir calmement décroché un tableau, à la cloison de sa maison qu’il réduit en charpie terrorisant les fouines qui de facto se sont tues.

Cluzet joue le rôle de Max et l’interprétation de la scène est tellement juste que l’on se dit que, dans la vraie vie, il doit être capable de vraies colères froides le dit François.

Et bien, c’est fait, dixit Le Figaro, samedi 26 septembre, l’acteur de 65 ans était l’invité de la matinale de RTL pour évoquer sa carrière, ses réussites et ses projets. Mais quand on lui demande ce qui l’énerve, le comédien ne prend pas de pincettes.

«Ce qui me fait monter sur mes grands chevaux, c’est quand je vois qu’une chaîne d’information comme BFMTV consacre une heure en direct à ce roi des beaufs qu’est Jean-Marie Bigard.» Net et sans bavure, François Cluzet charge l’humoriste qu’il considère comme «un abruti total».

Regardez bien les deux scènes, il n’y a aucune équivoque, l’acteur ne supporte pas plus les fouines que le champion de la vulgarité.

L’agressé, telles les fouines saura-t-il garder le silence? Je ne parierais pas cher sur cette hypothèse!

Une nouvelle qui fait chaud au coeur

Rappel : On parle tellement de la COVID que j’ai décidé de créer ma propre agence de presse pour relayer des éléments de l’actualité qui nous aident à sortir la tête du masque. Ainsi est née la désormais très fameuse (RNP), agence totalement indépendante de tous les pouvoirs et qui vous offre aujourd’hui son deuxième article.

Dans mon article précédent (une nouvelle qui fait froid dans le dos), je vous avais parlé de la banquise et du petit ours Pouchka que Caroline avait rapporté à sa maman sous l’oeil humide de Pouf et Noiraud. Une fin heureuse qui semblait si naturelle que je ne l’avais jusqu’alors jamais questionnée. Mais l’actualité du jour m’amène à revoir complètement ma position en lisant un article de BFM intitulé « Congé paternité rallongé: des bénéfices considérables pour l’enfant« , et je lis « Meilleur développement, moins de risque d’illétrisme, de psychopathie… La présence de deux figures parentales dans les premiers jours de la vie d’un nouveau-né est primordiale selon les spécialistes » et je poursuis médusé « Lorsque le couple parental s’occupe du bébé, l’illettrisme a pratiquement disparu, la psychopathie a étonnement diminué et à l’adolescence 40% des suicides ont disparu dans les pays d’Europe du Nord qui étaient champions du suicide. » explique l’expert interrogé sur le sujet. Et la journaliste d’ajouter que le bénéfice ne s’arrête pas à l’enfant mais profite également aux mères « et c’est pour ça (l’absence de père) qu’il y a de plus en plus de dépression péri-natale après l’accouchement et dans l’année qui suit, et avant l’accouchement. Or lorsque les pères sont proches, il y a beaucoup moins de dépression ».

Les bras m’en tombent. Et Caroline qui s’est contenté de retrouver la maman de Pouchka et n’est même pas partie à la recherche de son papa! C’est inimaginable. Quelle légèreté! Quelle inconscience! Qu’est-ce qu’on va penser d’elle si à l’adolescence Pouchka songe à se défenestrer par l’ouverture de son igloo? Allez Caro! Au boulot! Trouve le père et ramène le coûte que coûte avant que Maman Ours ne nous fasse une dépression…

Le père? Pourquoi le père me dis-je subitement? Je suis un catastrophique réactionnaire! Peut-être plutôt une autre mère puisque cet expert prend bien soin de parler « deuxième figure parentale« . C’est vrai ça, c’est tellement surprenant qu’en plein débat sur la PMA, on ose parler de congés de paternité. Il me semble que si l’on souhaite donner un peu de cohérence à toutes ces réformes, il serait plus juste de parler de congés de la deuxième figure parentale. Cela serait autrement plus juste? Non?

Quant à moi, qui ait eu mes quatre enfants avant 2002 et la première loi sur les congés de paternité, et qui n’ai donc eu droit qu’aux trois malheureux jours de naissance, je bats maintenant ma coulpe en pensant à tout le bien que j’aurais pu leur faire (ainsi qu’à ma chère épouse) si d’aventure je leur avais consacré ces 28 jours si indispensables à leur développement…et quel plaisir j’en aurais retiré. Puissent-ils un jour me pardonner…

Heureusement que mon petit neveu Lucas rattrapera tout cela. Avec deux figures parentales confinées autour de lui pendant plusieurs mois c’est une autoroute d’équilibre qui s’ouvre devant lui!

J’ai dit « confinés »? Et moi, qui m’étais juré de ne jamais parler de la COVID! C’est vraiment dur d’y échapper.

PS : Voilà les suisses sont prévenus, eux qui doivent choisir le 27 septembre lors d’un référendum populaire,

ils ne pourront pas prétendre ignorer les bienfaits de cette mesure!

Les tribulations provençales d’un jeûneur néophyte

Cela fait maintenant plusieurs années que l’un de mes vieux amis me rebat les oreilles sur les bienfaits du jeûne et son efficacité vraisemblable sur les symptômes de ma pathologie. Je dois avouer qu’ayant lu un peu tout et n’importe quoi sur les remèdes ou les techniques réputées m’aider dans mon long corps à corps avec la maladie, j’accueillais ses conseils avec une bienveillance amicale toutefois teintée d’un soupçon de scepticisme .
Cependant alors que lui même effectuait un long jeûne dans l’institution considérée comme la Rome de cette pratique thérapeutique, fondée par docteur Otto Buchinger il y a maintenant un siècle, je lui ai rendu visite au bord du Lac Constance. Le programme Buchinger Wilhelmi qu’il suivait était extraordinairement rodé et l’établissement au fonctionnement huilé réussissait une synthèse opulente entre une clinique privée haut de gamme et un hôtel de luxe. J’aurais volontiers parié que les pensionnaires du lieu n’avaient jamais connu la faim avant de venir ici! Pas question cependant de rejouer la scène d’Obelix dévorant des sangliers sous l’oeil envieux et assassin d’un Abraracourcix réduit à se contenter de carottes Vichy. J’avais beau n’être qu’un visiteur de passage, je fus astreint pendant ces deux jours à me contenter d’une alimentation hypocalorique qui me parut étonnement riche relativement au gros bol d’infusion dont du se contenter mon hôte et ses coreligionnaires pendant les repas que nous partagions. Je dois dire qu’à ce stade ma motivation n’avait encore que peu progressé. Mais, il avait bien fait les choses et s’arrangea pour m’organiser un rendez-vous avec la docteure Françoise Willemi de Toledo dont la compétence sur le jeûne thérapeutique s’avère aussi indiscutable que profonde, et qui m’expliqua la mécanique des effets bénéfiques que cette privation pouvait apporter aux personnes atteintes de maladie neuro-dégénératives, sans pour autant me promettre une guérison miraculeuse. Son exposé étayé, sincère et convaincu m’incita à penser qu’un jour peut-être l’expérience mériterait d’être tentée. Je mis cette idée dans un coin de ma tête puis rentrais sur Paris où j’en parlais à Marie-Cécile, mon épouse, qui se dit prête à m’accompagner.

Quelques mois plus tard, la maladie progressant et les médicaments faisant de moins en moins d’effet, l’idée resurgit naturellement puis devint réalité quand Marie-Cécile après avoir fait un tour d’horizon des organismes susceptibles de nous offrir l’accès à cette aventure arrêta son choix sur Jeûne et Bien-Être et nous réserva un séjour d’une semaine dans le Limousin. L’idée avait fait son chemin auprès de ses amies et dans la famille et l’intérêt pour cette étrange villégiature avait fini par rassembler, en plus de nous deux, ma fille, ma soeur, ma nièce et deux de ses amies. Tout cela devant se dérouler fin mai 2019.

Mais une décision allait mettre à mal ma volonté d’y participer. En effet, trop gêné dans ma vie quotidienne par la manifestation toujours plus envahissante de mes symptômes, j’avais pris la décision de procéder à une opération de stimulation cérébrale profonde dont ma neurochirurgienne fixa la date d’intervention la semaine précédent notre escapade. Mon jeûne tomba à l’eau mais j’insistais pour que Marie-Cécile maintienne sa participation. Elle le fit et en revint enchantée et convertie, décompressant qui plus est, après les vives tensions que lui avaient procuré l’attente de mon opération et son déroulement.

Ainsi donc, les effets de la stimulation cérébrale portant leurs fruits, je reprenais une vie plus confortable mais restais néanmoins volontaire pour tenter l’expérience du jeûne. Le COVID s’ingénia à contrecarrer une fois encore nos plans et le beau séjour programmé en mai dans le Lubéron fut finalement reporté aux premiers jours de septembre.

L’organisme choisi resta le même et me voilà conformément aux recommandations de celui-ci à entamer ma semaine dite de « descente » qui consiste à éliminer progressivement toutes les bonnes choses que vous mangez habituellement pour finir la semaine en ne mangeant plus que des légumes et des fruits. Le jour du départ, nous prenons donc la route avec Marie-Cécile, Joséphine, ma fille, et Ghislaine mon amie de toujours, déjà partante l’année précédente. Je suis le seul néophyte et j’appréhende un peu l’expérience n’étant pas en surpoids et ayant peur d’y laisser trop de forces. La route est longue, mais comme on ne fait pas de halte pour déjeuner nous contentant d’une gourde de jus de pommes coupé d’eau, nous arrivons en milieu d’après-midi au hameau des Cournilles, près de Viens, magnifique village de pierres sèches accroché à un éperon calcaire non loin des gorges d’Opedette.

gorges d'Oppedette sorties en Provence

L’endroit est saisissant de calme et de beauté. Quelques maisons provençales entourées d’un paysage rocailleux et sauvage sous un soleil encore ardent. L’une des maisons sera notre foyer, la maison du berger. J’ai beau le chercher, je ne le trouve pas, ni son troupeau d’ailleurs. Peut-être a t-il pris le large devant des chambres et salles de bains trop confortablement aménagées à ses yeux. Nous nous répartissons les chambres et nous dirigeons vers la Grande Maison où la cuisine a pris le nom de Tisanerie et où le cocktail de bienvenue est une purge saumâtre et légèrement visqueuse qui doit bien faire son demi-litre. Pas question de refuser l’apéritif local, il fait partie du jeu. J’obtempère. Jusque-là, je ne suis pas trop dépaysé, j’ai juste l’impression de me préparer à une coloscopie.

Puis à 19 heures, les naturopathes de la semaine Laure, Diana et Aurélie réunissent les participants pour leur expliquer ce qui les attend et leur détailler les savants massages dont elles détiennent les clés. Ceux qui suivent un traitement (c’est mon cas bien sûr) sont priés d’aller rencontrer ces deux dernières pour adapter un tant soit peu la formule minimale à leur constitution actuelle. J’apprends ainsi que j’aurais droit à un potage plutôt qu’un bouillon et à un jus de fruit dilué en fin de randonnée. Mazette… Pour l’instant, j’ai plutôt l’estomac qui gargouille pris au piège par la boisson de bienvenue et je ne fais que peu de cas du privilège qui m’est accordé.
Puis nous entamons un tour de salon (distanciation oblige), genre ligue de lutte contre l’alcoolisme, pour donner notre motivation à être ici. Il y a ceux qui veulent se ressourcer, ceux qui veulent retrouver de l’énergie, ceux qui veulent perdre du poids, ceux qui sont venus oublier des moments difficiles, celui qui suit sa femme, celle qui suit son mari, des néophytes, des récidivistes, et moi qui n’attend rien de précis en espérant cependant une amélioration de mon état général alors que mon ventre ressemble de plus en plus à la chambre magmatique d’un volcan qui ne va pas tarder à exploser.
Notre prochain rendez-vous est fixé au lendemain matin avec prise de poids et contrôle de la tension cardiaque. Nous retournons à nos pénates, non sans avoir réservé des créneaux de massage, dans une indiscipline totale et égoïste, anticipant qu’ils seront de purs instants de bonheur dont on ne souhaite pas se priver. La symphonie pour instruments à vent en chasse d’eau majeure peut démarrer. Elle durera toute la nuit, nous laissant vidés mais heureux d’en avoir fini au petit matin.

Après les vérifications d’usage, nous voilà en classe d’éveil, ou plutôt en cours de yoga. Une certitude non scientifique mais pratique, les femmes sont plus souples que les hommes! Harold, Charles, Jean-Pierre, Philippe et moi même sommes complètement à la ramasse tandis que Sophie, Ghislaine, Ekaterina, Monique, Catherine, Thérèse, Mara et bien sûr ma fille et ma femme suivent aisément le rythme des exercices proposés par Laure, notre bienveillante animatrice, que je soupçonne de descendre du Marsupilami tant est flagrante son aisance à faire des contorsions.

Puis vient l’heure de la randonnée, en compagnie de notre guide conteur Thierry. Six à sept kilomètres à un rythme lent avec des pauses multiples pour s’hydrater. Nous traversons les champs de lavandin, des bois de chênes au feuillage neigeux ou de pins sylvestres, des prairies sèches ou rocailleuses où le sol crie sa soif par de larges fissures et des canyons exsangues. Nous apprenons surtout à nous connaître les uns les autres partageant nos informations avec nos proches, loin, plus loin chaque jour de nos préoccupations habituelles. Cette première ballade finie me libére de mes appréhensions. J’ai tenu sans réelle difficulté et, à vrai dire même, beaucoup mieux que je ne m’y attendais. De retour à la maison du berger, je me laisse aller sur mon lit où une longue sieste m’emporte pour me déposer au SPA à l’heure de mon premier massage. Je laisse Aurélie pratiquer un massage dit drainant. S’en suit une longue relaxation exquise et rare. Dans trois heures, le potage ou le bouillon selon la sévérité de la cure de chacun nous sera proposé, suivi d’un exposé sur le fonctionnement du système digestif avant une nuit de repos amplement mérité. Cette première journée reflète toutes les autres dans sa construction. Au fils des randonnées et des séances d’information du soir, l’osmose se créée au sein du groupe selon les affinités de chacun et sous la baguette bienveillante, prévenante et constamment souriante de Laure et de ses deux équipières qui ne ménagent jamais leurs attentions à notre égard s’occupant de tous et de tout avec efficacité et bonne humeur.


La semaine s’égrène rapidement, nous découvrons les magnifiques gorges d’Opedette et le Colorado provençal qui est au Grand Canyon, ce que la fontaine Saint-Michel est aux chutes d’Iguassu. Mais, nous ne boudons pas notre plaisir trop occupé à réussir notre défi commun…et nous y parvenons tout en constatant que :

  • c’est fou ce que les journées sont longues quand nous ne faisons ni courses, ni cuisine, ni repas,
  • c’est incroyable ce que le corps a comme réserves insoupçonnées quand on le contraint à aller consommer les corps lipidiques et cétoniques cachés au sein de son organisme,
  • c’est inouï à quel point nous pouvons parler nourriture quand nous en sommes privés comme si le verbe remplaçait l’aliment,
  • c’est inconcevable de voir combien les principes d’alimentation prônés par les naturopathes sont éloignés des pratiques alimentaires réelles de nos sociétés,
  • c’est sidérant la capacité des cuisinières et cuisiniers du groupe à inventer de nouvelles recettes et à les partager,
  • c’est étonnant cet état de jeûne, où ne sommes ni vraiment bien, ni vraiment mal mais seulement différent,
  • c’est renversant de penser l’on peut se réjouir de rompre le jeûne avec seulement deux pruneaux!
  • c’est formidable de se laisser aller à ne rien faire d’autre de ses journées que de se promener, d’admirer la nature, de se faire masser, de se reposer dès qu’on le souhaite et d’oublier son quotidien,
  • c’est surprenant de voir combien des personnes venus d’horizon différents en viennent à se connaître et à s’apprécier dès lors qu’ils prennent le temps de se parler et de s’écouter.

Voilà, c’est bientôt fini! Le temps de préparer un dernier repas de fête à base de crudités et de pommes de terre et de profiter d’un petit-déjeuner à base de pain essene et de miel, nous allons tous repartir chez nous. Un dernier tour de table pour remercier l’extraordinaire équipe de naturopathes et dire combien ce séjour nous a été bénéfique.

Pour moi c’est aussi l’heure du bilan, je quitte ce jeûne dans une forme spectaculaire. Je n’ai plus de gêne à la marche, mon ventre s’est déballonné, et j’ai réduit ma consommation de médicaments de 20%. Le Yoga? Le système immunitaire? L’activité physique? L’environnement humain? Les soucis au vestiaire? C’est un tout…

De retour dans notre maison de campagne nous entamons la remontée. Chaque jour nous pouvons consommer des familles d’aliments en plus. Pour moi, les bienfaits sont encore là? Vont-ils durer ou s’estomper? Dois-je jeûner régulièrement? Je n’en sais rien, je savoure l’instant et j’en profite pour remercier celles et ceux qui m’ont montré la voie et tous ceux qui ont partagé cette semaine avec moi.

Alors, rendez-vous l’année prochaine à Essaouira pour de nouvelles tribulations d’un jeûneur expérimenté? Qui sait?

Les Ministres délégués

Ministre Délégué aux Comptes Publics

Toujours plus difficile!

Marc Fesneau, ministre délégué aux Relations avec le Parlement ;
Le journal d’un homme de chambre

Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l’Egalité hommes-femmes, aux Droits et à l’Egalité des chances ;
Les femmes préfèrent les gros 

Frank Riester, ministre délégué au Commerce extérieur et à l’Attractivité ;
La vérité si je mens

Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement ; 
Viens chez moi, j’habite chez un copain

Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports ;
Le Transporteur (facile…)

Olivier Dussopt, ministre délégué aux Comptes publics ; 
Le Gouffre aux chimères

Agnès Panier Runacher, ministre déléguée à l’Industrie ; 
Les Temps anciens

Alain Griset, ministre délégué aux PME ;
Ma petite entreprise

Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux Sports ; 
Joue là comme Beckham

Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée à la Mémoire et aux Anciens combattants; Amnesia

Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté ; 
La Misérable

Brigitte Klinkert, ministre déléguée à l’Insertion ;
Pain et chocolat
Liberté, Egalité, Choucroute

Nadia Hai, ministre déléguée chargée de la Ville ; 
Partie de campagne

Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l’Autonomie ; 
Intouchable

Gabriel Attal, secrétaire d’Etat, Porte-parole du gouvernement.
Ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule!

Et aussi, Le Premier Ministre et ses Ministres
https://danslecarpoursrinagar.wordpress.com/2020/07/07/le-nouveau-gouvernement-en-films/

Le Nouveau Gouvernement en films

J’avoue que j’ai eu un peu de mal pour certains et que tout cela est nettement améliorable, alors je suis preneur de vos suggestions!

. Jean Castex, premier ministre

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le (Ca)s(t)ex… sans jamais oser le demander 

Projet X

Mon nom est Personne

L’apprenti

• Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

Le bon, la brute et Le Drian

L’Arnaque

Lorient express

• Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique

Les premiers jours de Pompili

Natür Therapy

• Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, de la jeunesse et des sports

Un prof pas comme les autres

La journée du caleçon

• Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance

Bruno

Comment tuer son boss?

The Big Short

• Florence Parly, ministre des Armées

Parly s’en va t’en guerre

Atomic blonde

• Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur

Comment tuer son boss 2 ?

Le crime était presque parfait

Y-a-t-il un flic pour sauver le Président

• Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’emploi et de l’insertion

A star is borne

Un petit boulot

• Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mers

Les îles au trésor (public)

Piège en Outre-mers

• Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales

Mission impossible

L’impasse

• Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, ministre de la Justice

L’Avocat du diable

Ni juge, ni soumis

• Roselyne Bachelot, ministre de la Culture

La nuit aux musées

Jurassic park

Retour vers le futur

• Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé

Bas les masques

Le Lauréat

Hippocrate

• Annick Girardin, ministre de la Mer

Tout sur ma mer

Ocean’s 11

• Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, recherche et innovation

Eternal sunshine of the spotless mind

Un homme très recherché

• Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Le Bonheur est dans le pré

Partie de campagne

• Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publique

MI 2

The Servant (civil)

Transformers – La revanche

Le Bazooka monétaire pour les Nuls (dont je suis)

Aujourd’hui je suis tombé sur un étrange titre de L’Express. Je cite : Super Christine / Plan d’aide, la BCE recharge son bazooka monétaire!

Je cherche à creuser les faits au delà de la métaphore qui m’intrigue, ayant du mal à imaginer ladite Christine en clone de Lara Croft l’héroïne de Tomb Raider. Voilà les éléments : la BCE vient d’annoncer qu’elle ajoutait 600 milliards d’euros à son programme de rachat de d’actifs initial qui se montait déjà à 750 milliards d’euros tout en le prolongeant jusqu’en juin 2021. Cette annonce avait rassuré les marchés car elle avait dépassé leurs attentes!

Dont acte! Personnellement pour moi, j’ose le dire, tout ceci m’est apparu, en première lecture totalement abscons ne comprenant ni les ordres de grandeur, ni les circuits que ces milliards vont emprunter pour parvenir à résoudre les problèmes liés aux conséquences économiques de la pandémie.

Alors j’ai essayé de me donner des repères notamment par rapport aux ordres de grandeur. 1350 milliards d’euros cela parait évidemment énorme mais si vous le ramenez au nombre d’habitants ou de travailleurs que compte l’Union Européenne soit respectivement 500 et 300 millions cela correspond à 2700 euros par habitant ou 4500 euros par travailleur. Le salaire moyen mensuel brut étant dans l’Union Européenne d’environ 3000 euros cela veut dire que si le tir de bazooka arrivait directement dans la poche de ce dernier, il pouvait rester environ 1 mois et demi à être payé à ne rien faire soit environ un petit confinement moyen. On retombe presque sur nos pieds tout en réalisant qu’on est loin d’avoir gagné le tirage de l’EuroMillions.

Et si d’aventure cette dette devait être un jour remboursée, cela correspondrait, pour chacun de nous (bébés compris) à rembourser 2500 euros de plus que ce dont nous sommes solidairement redevables dans la perspective de désendetter totalement l’Etat Français à savoir environ 42 000 euros. La pandémie a donc endetté chaque français de 6,5% supplémentaire.

Quant aux circuits qu’empruntent les 1350 milliards pour nous atteindre, selon nos besoins, il y en a deux principaux :
1) La BCE rachète la dette des Etats, à qui personne ne prêterait plus, pour éviter une banqueroute d’un des pays principaux de l’Union qui ferait voler en éclats la zone Euro,
2) La BCE prête aux états et aux banques, qui prêtent aux entreprises et aux particuliers qui sont les plus touchés en espérant que cela arrive au bon endroit…

Dans le principe, tout cela est parfait… en espérant que toute l’Union soit rétablie en 2021 pour commencer à rembourser une dette alourdie dont on n’arrive déjà plus à honorer les intérêts de l’actuelle, sans même parler du capital.

Cependant, en poussant le bouchon, on aurait pu imaginer un système plus simple et sans aucune déperdition. 4500 euros à chaque travailleurs européen confiné pour ses deux mois d’inactivité. En échange pas de salaires à verser pour les entreprises pendant deux mois et donc ni faillites, ni prêts aux Etats, ni prêts aux Banques et consommation ou épargne renforcée des ménages au sortir du confinement.

Au final, nous n’aurions pas plus à rembourser et le grand avantage c’est que tout le monde aimerait L’Europe et comprendrait à quoi sert la BCE… et Christine Lagarde aurait bien l’étoffe d’une super-héroïne.
Soyons fous, peut-être même que les anglais voudraient revenir!


L’abécédaire du confinement (P-Z)

 Didier Raoult, ici le 2 mars, prône une application sans délai de son remède contre le Covid-19, dont on connaît, selon lui, les effets secondaires depuis longtemps.

P comme Pandémie

Voilà un mot confiné jusque-là à nos lectures et dont nous avons compris aujourd’hui, par expérience, la signification réelle. De l’épidémie à la pandémie. Les grecs avaient déjà tout compris. Épidémie voulait dire « à la maison » et pandémie signifiait « tout le monde ». De la maison à tout le monde, juste ceux qui ne savent pas qu’ils sont atteints et qui ne sont pas restés à la maison. De Wuhan au monde entier? Ceux qui sans le savoir ont essaimé hors de la province chinoise. Quand les cartes de la Johns Hopkins University of Medicine se sont couvertes, jour après jour, de pastilles rouges toujours plus nombreuses et plus grosses et que le centième pays a été touché, l’OMS a décrété le 11 mars 2020 que l’épidémie était désormais une pandémie.

Voilà qui manquait à notre culture de vivre une pandémie, une vraie. On l’avait enfin en chair en os cette héroïne des livres de science-fiction qui ravage les civilisations et elle nous a ramené à un peu plus de modestie. On se croyait les rois de la création et on s’aperçoit qu’un petit truc de rien du tout a mis à plat toutes nos organisations sanitaires, économiques et politiques. Panique et sauve qui peut général. On croyait y être préparé et on s’est aperçu qu’on ne savait vraiment pas par quel bout la prendre. Alors quand les épidémiologistes nous ont servi tous les scénarios du plus optimiste au plus noir sans vraiment accorder leurs violons et que dans le même temps tous les chercheurs du monde entier ont ouvert leur armoire à pharmacie sans trouver un médicament qui convienne vraiment, nous, on n’a pas vraiment été rassuré et on a filé à la maison. La boucle était bouclée. Tout le monde à la maison! De la pandémie à l’épidémie, juste le confinement.

Q comme Quarantaine

Depuis celle imposée aux passagers du Pachacamac pour empêcher Tintin et le Capitaine Haddock de retrouver le professeur Tournesol dans Le Temple du Soleil, on n’avait un peu perdu de vue les mécanismes de la quarantaine. Peste bubonique à bord. Ça ne rigole pas quand on hisse le drapeau jaune et noir à bord du navire.
Il suffit de considérer les croisières de rêves, sous toutes les latitudes, qui se sont transformées en piège en haute mer. Rétrospectivement on s’éponge le front d’avoir renoncé à s’offrir le Diamond Princess pour fêter les quatre-vingts ans de belle-maman. Quoi qu’il en soit, c’était trop cher et déjà complet. Mais quel enfer, ils ont du vivre. Un truc à se jurer de ne plus mettre le pied ne serait-ce que sur un youyou.

D’ailleurs ces immeubles flottants qui ont osé pendant quelques années emprunter le Canale de la Giudecca à Venise au risque de voir la Sérénissime s’enfoncer dans la lagune, on devrait profiter de l’occasion pour les interdire un bon moment, histoire d’être sûr que le virus n’attende pas son heure dans un coin de coursive. Une quarantaine de quarantaines environ. Juste le temps qu’ils rouillent et que leurs armateurs désarment.

R comme Raoult

On le dirait tout droit sorti d’un film des frères Cohen. Un Big Lebowski en blouse blanche. Il est tellement imposant d’ailleurs qu’il a réussi se mettre Donald Trump dans la poche. Mais on en parlera un peu plus tard.

Qu’on le veuille ou non, en France, il restera le symbole de la pandémie. Son clivage. Son Capitaine Dreyfus. On est pour ou on est contre mais on n’est pas indifférent ou alors, par snobisme. Les marseillais contre les parisiens, les grands labos contre le complot, les pragmatiques contre les théoriques, les gilets jaunes contre l’establishment, votre sœur contre votre beau-frère. Dès qu’il parle, il buzz et je jurerais que cela lui plaît le bougre ! Une personnalité comme on n’en avait pas vue depuis longtemps. Iconoclaste et sûr de lui le Professeur

Illuminé ou génie, il n’y a pas de juste milieu, il faut choisir son camp, impossible de se défausser. Alors j’écoute, je cherche à comprendre, j’objective, j’analyse et au bout du bout je n’arrive pas à me faire d’opinion. Tantôt je penche pour son talent, tantôt je perçois une faille dans son entêtement à vouloir attirer la lumière. Au moment de conclure une seule certitude, celle que personne d’autre ne pouvait lui contester le R de cet abécéd’R.

S comme Soignants

Cette fois s’ils ne sont pas entendus, ils ne le seront jamais. Une tribune comme celle-là, cela n’arrivera plus. Ils ont envahi les plateaux télé, ils ont monopolisé les reportages, ils ont été applaudis aux balcons, considérés et parfois morts en héros.

Ils ont pu dire tout ce qu’ils avaient à dire, expliquer tout ce qu’ils avaient faire comprendre. Leurs conditions de travail, leurs manques de moyens, leurs contraintes, leur quotidien. Ils étaient partout masqués, gantés, blousés à se battre contre ce truc qu’on découvrait peu à peu bien plus perfide et évolutif qu’on ne l’avait jamais imaginé. Ils se battaient pour sauver ou non les vies qui dépendaient d’eux. Et nous on les admirait en souhaitant intérieurement ne pas passer entre leurs mains.

Pourtant, on les avait connus avant et c’étaient déjà les mêmes. A la Salpêtrière, à Saint-Antoine, ailleurs, ils soignaient et ils sauvaient. Déjà, le même refrain. Trop de monde aux urgences, manque d’infirmières et matériel obsolète mais le grand silence administratif, seul leur répondait. Un long cri dans une chambre capitonnée. Et cela durait comme cela depuis des années et des années, sans jamais rien changer.

Résultat, les budgets quémandés à l’époque, par comparaison au coût final de la pandémie, il n’y aura pas photo. Comme quoi les économies ne font pas toujours bon ménage avec l’économie. Alors si demain, pour eux, pour nous, à l’hôpital, tout n’est pas complètement différent d’aujourd’hui ce sera à désespérer !

T comme Trump

Ce n’est pas du Trump bashing. C’est juste un constat sur son attitude de dirigeant. S’il en réchappe aux prochaines élections, ça tiendra du prodige ou de son adversaire. Il nous les a toutes faites. Un canard (ah, ah !) à qui on aurait coupé la tête.

Survolté par la pandémie, le Donald. Démarrant évidemment et sans surprise dans la posture du « même pas peur », le Professeur Trump a asséné quelques unes de ses puissantes intuitions sur le caractère présumé inoffensif du virus qui au pire disparaitrait avec les beaux jours avant de vanter les mérites de la Chloroquine présentée comme la panacée antivirale.  Le Royaume-Uni touché et son pote Boris au bord du gouffre, il a tourné casaque et a commencé à franchement perdre les pédales quand le virus a commencé à ravager New-York. Au point de conseiller à ses concitoyens de se prémunir en ingurgitant des lampées d’eau de javel. Depuis les Canadair pour éteindre Notre-Dame, c’est la meilleure de loin mais cela ne fait plus sourire.

Pas très rassurant en fait la fébrilité de cet homme réputé le plus puissant de la planète quand il perd le contrôle sur les événements. Alors, comme par construction il ne peut jamais avoir tort, il s’en est pris aux chinois et à l’OMS histoire d’expliquer qu’il avait été manipulé et a commencé à vouloir lever le confinement pour éviter le sabordage de l’économie américaine, inscrit jusqu’alors à l’actif de son mandat.

Bref du un Trump, qui supporte mal la pression et la remise en cause. Va falloir qu’il fasse fort pour la campagne de l’automne prochain mais le bougre a de la ressource.

U comme Urgences

Cela a dépassé toutes les séries hollywoodiennes sur le petit monde des drames et miracles de l’hôpital. Exit Georges Clooney et place à la vraie vie. Les patrons des service de réanimation, je crois qu’on les a tous vus. Ils ont défilé sur tous les plateaux et franchement ils s’en sortaient carrément bien. On sent qu’ils n’étaient pas arrivés là par hasard. Vécu, calme, expérience, respect. Pas le genre à s’évanouir comme moi devant un bobo. Visiblement pour les déstabiliser, il doit leur en falloir un peu plus. C’est heureux finalement et rassurant. On sentait qu’ils faisaient face. D’ailleurs j’en ai profité pour noter leurs noms et celui de leurs services, ça peut toujours servir, on ne sait jamais.

En quelques semaines, nous voilà devenu des cracks de la ventilation et de la réanimation en espérant toujours que cela ne nous concerne pas directement. Parce que le coma artificiel franchement si ça fait dormir ça ne fait pas rêver loin s’en faut. Quarante cinq jours en réanimation, non plus d’ailleurs. Si on en revient on doit avoir l’impression d’être le héros d’un Voyage au Bout de l’Enfer.

En fait c’est vrai qu’il y a un problème quand on vient les déranger pour tout et n’importe quoi. Va falloir un peu se discipliner à l’avenir si on veut qu’ils puissent faire correctement leur boulot en cas… d’urgence.

V comme Vaccin

Celui-là quand il arrivera, on pourra le baptiser Désiré. La grande compétition mondiale est lancée, chacun pour soi et les fonds d’investissements pour tous. Et tous les grands et petits labos de la Terre qui nous tiennent au parfum en direct de leurs avancées. Phase 1, Phase 2… Ils ont compris qu’à défaut de trouver, ça faisait déjà monter leur cours de bourse, c’est toujours bon à prendre.

Il y a fort à parier cependant qu’il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus. Si on trouve…ce qui n’est même pas sûr. Le cauchemar de nos dirigeants. Un COVID Épisode 2 à l’automne !

Mais ce n’est pas si simple d’élaborer un vaccin, il faut qu’il vous immunise contre le COVID sans vous refiler une autre saloperie. Alors on avance à pas comptés sauf les gouvernements qui se positionnent sans la moindre coordination. Trump a voulu faire main basse sur un labo allemand au grand dam d’Angela qui l’a envoyé sur les roses. Malbrough, revenu parmi nous, a convoqué le patron d’un labo français qui faisait les yeux doux à l’ennemi. Qui sera le premier, c’est une question d’honneur pour nos dirigeants.

Cependant le gaulois reste méfiant et bien que Pasteur ait explicité le premier le mécanisme de la vaccination, un bon quart d’entre eux se dit réfractaire à l’administration de ce putatif vaccin. Remarquez-moi je ne me vaccinais pas contre la grippe. Par contre cette fois j’ai bien compris, l’année prochaine j’arrête de faire mon malin. Inutile d’encombrer les hôpitaux.

W comme Wuhan

Qui avait entendu parler de cette capitale de la province de Hubei au centre de la Chine ? Moi pas, en tout cas. Le 23 janvier 2020, elle passe de l’anonymat à la postérité en étant la première ville à expérimenter une mesure de confinement d’un virus qui ne dit pas encore son nom. Confiner 11 millions de personnes, on n’en revient pas ? Il n’y a vraiment que les chinois pour s’autoriser un truc pareil. Et ça continue dans la démesure, on apprend qu’ils ont construit deux hôpitaux en 10 jours, respectivement de 1000 et 1500 lits. Là ça nous dépasse, c’est un peu comme si on nous apprenait que Gaudi avait construit la Sagrada Familia en six mois ou que la reconstruction de Notre Dame, vitraux compris, allait prendre un petit trimestre. 10 jours ce n’est même pas le temps de repérer le bon service dans une ARS pour savoir à qui adresser une demande de permis de construire.

Mais Wuhan à propos, pour les plus érudits d’entre nous, ce ne serait pas là que se trouve un institut de virologie ? Et ce fameux laboratoire P4 (pour pathogène de classe 4) que la France a aidé à construire en 2018, est-ce qu’il est vraiment tout blanc dans cette affaire ?

Et voilà le COVID, qui accède à la récompense médiatique suprême, la théorie du complot. Et Trump, trop heureux de foncer dans la brèche contre l’avis des services de renseignements américains pour la soutenir immédiatement. Lui au moins quand il complote, il ne se pose pas de question.

X comme Xi Jinping

Ce gars là, il ne donne pas l’impression d’être arrivé là par hasard. Au début son père était un pote du Grand Timonier mais comme il est tombé en disgrâce, il a surtout commencé par manger de la vache enragée. Confiné dans une habitation troglodyte de 15 à 22 ans, avant de faire un petit passage dans un camp de travail pour avoir voulu regagner Pékin clandestinement et recalé ensuite neuf fois dans sa volonté d’adhérer au Parti, ça vous forge le caractère. Alors maintenant qu’il est le Président, il ne laisse à personne d’autre le soin de gouverner. Il a même pris ses précautions en modifiant la constitution pour pouvoir rester là-haut autant de temps qu’il le jugera nécessaire au bien de son pays. C’est tellement plus simple que de contrôler les élections.

D’ailleurs, il n’aime pas trop la contradiction et quand l’un de ses derniers collègues à oser le critiquer l’a attaqué sur la gestion de la crise sanitaire avant de le traiter de clown assoiffé de pouvoir, il a pris la mouche et lui a collé une enquête disciplinaire. Le camarade a intérêt à avoir un bon avocat !

Tout ça pour dire que les exigences des occidentaux en quête de transparence cela doit doucement le faire sourire et que nous ne sommes pas près de connaître le vrai nombre de victimes ni la réalité de l’épidémie sur le sol chinois avant un long moment.

Y comme Yalta

C’est fou le nombre d’oppositions que le COVID a créé. Yalta sanitaire entre ceux qui se battaient contre la maladie et ceux qui s’en protégeaient. Yalta professionnel entre ceux qui étaient dans les premières lignes à crouler sous la charge et ceux qui étaient à l’arrière qui se retrouvaient sans rien avoir à faire. Yalta géographique entre les régions touchées de plein fouet et celles qui ne voyaient que l’ombre du virus. Yalta politique entre les partisans du confinement et les partisans de l’immunité collective. Yalta des nations entre celles qui anticipaient et celles qui réagissaient. Yalta des chercheurs et des médecins entre ceux qui voulaient aller vite et ceux qui voulaient ne pas abandonner le principe de précaution. Yalta du vécu entre ceux qui ont subi un drame et ceux qui en ont été quitte pour la peur. Yalta de visions entre ceux qui cherchaient à coopérer et ceux qui se recroquevillaient. Yalta de l’espace entre ceux qui avaient de la place à revendre et ceux qui s’entassaient. Yalta familial entre ceux qui se sont regroupés et ceux qui se sont isolés. Yalta émotionnel entre ceux qui se sont réconciliés et ceux qui se sont déchirés. Yalta du futur entre ceux qui voient demain comme hier et ceux qui voient demain préparer après-demain.

Alors désunis ou réunis par l’adversité? L’avenir seul le dira.

Z comme Zoom

C’est la nouvelle application qui fait fureur pour discuter en vidéo à plusieurs entre amis. Celle qui s’adapte à votre ordinateur pour que nous passiez pas des heures à régler le son et l’image. Et là, tu m’entends? Et toi, tu me vois? La téléconférence simplifiée, transportée du monde professionnel au monde des particuliers. Zoom apéro avec les amis. Zoom familial grands-parents/parents/enfants. Zoom par ci, Zoom par la, Zoom partout. Zoom sur notre besoin de communiquer. Zoom sur notre besoin de partager.

Zoom sur le confinement. Zoom sur cette expérience inattendue et improbable qui nous a marqués. Zoom sur ces 26 mots. Un abécédaire de rien, un abécédaire de ne pas y toucher, un abécédaire de déjà vu, un abécédaire de famille. La grande famille des confinés déconfinés.

Zoom arrière, zoom de fin.

Merci de m’avoir suivi…